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Comment utiliser vos données de vente pour mieux acheter votre inventaire
Acheter au feeling mène aux ruptures et au surstock. Voici comment baser vos commandes fournisseurs sur vos ventes réelles, sans devenir analyste.
Équipe CornerPilot
Dans cet article
Passer une commande fournisseur, c’est parier : trop commander immobilise votre argent et finit en solde ou en perte; pas assez commander vide vos tablettes et envoie vos clients ailleurs. La plupart des commerçants font ce pari à l’instinct — l’habitude, la mémoire, le « ça part bien ces temps-ci ».
L’instinct a de la valeur : vous connaissez votre clientèle mieux que n’importe quel chiffre. Mais l’instinct se trompe de façon prévisible — il surestime ce qu’on a vu récemment et oublie ce qu’on ne regarde plus. Vos données de vente corrigent exactement ces angles morts. Voici comment les utiliser sans y passer vos soirées.
Le chiffre de base : la vitesse de vente
Pour chaque produit que vous commandez régulièrement, une seule question compte : combien d’unités se vendent par semaine, en moyenne? C’est la vitesse de vente. Elle se calcule depuis vos rapports de caisse : prenez les ventes des 4 à 8 dernières semaines et divisez par le nombre de semaines.
Avec la vitesse de vente, votre commande devient un calcul simple : combien de semaines doit couvrir cette commande, multiplié par la vitesse, moins ce qui reste en stock. Si votre fournisseur passe toutes les deux semaines et qu’un produit se vend 12 fois par semaine, la commande doit ramener votre stock autour de 24 unités, plus une marge de sécurité.
Trois ajustements qui font la différence
- La saison : la vitesse de vente des 4 dernières semaines est trompeuse à l’approche d’un changement de saison ou d’une fête. Quand c’est possible, regardez aussi la même période l’an dernier.
- Les promotions : si un produit a été en promotion pendant la période mesurée, sa vitesse est gonflée. Mesurez sur une période normale, ou notez l’écart.
- Le délai fournisseur : plus le délai entre commande et livraison est long, plus la marge de sécurité doit être grande. Une rupture pendant le délai de livraison est une rupture que vous avez commandée.
Et les nouveautés, sans historique?
Pour un produit jamais vendu, il n’y a pas de vitesse de vente — mais il y a des produits comparables. Une nouvelle saveur de la même marque, un format différent d’un produit connu : partez de la vitesse du produit le plus proche, puis commandez prudemment. La règle saine pour une nouveauté : une petite quantité, une vraie place en tablette, et une date de vérification dans six à huit semaines.
C’est le contraire du réflexe courant — commander beaucoup « parce que le représentant offrait un bon prix ». Un rabais de caisse ne vaut rien si la moitié de la caisse dort un an en réserve.
Les « bonnes affaires » fournisseurs, à la lumière des chiffres
Le rabais de volume est tentant : dix caisses au prix de neuf. Avec la vitesse de vente, la décision devient un calcul plutôt qu’un réflexe : dix caisses représentent combien de semaines de stock? Si la réponse est « quatre mois », vous payez le rabais en argent immobilisé, en espace de réserve et en risque de péremption. La règle simple : un rabais ne vaut la peine que si la quantité s’écoule dans un délai que vous acceptez d’avance — pas celui que le représentant espère.
La routine avant chaque commande
- Sortez les ventes par produit depuis la dernière commande (ou les 4 dernières semaines).
- Pour vos 20 à 30 produits principaux, comparez la vitesse de vente au stock restant : qu’est-ce qui risque la rupture avant la prochaine livraison?
- Repérez ce qui n’a presque pas bougé : réduisez ou sautez la commande de ces produits, même si « on en commande toujours ».
- Notez vos écarts volontaires — « j’augmente les jus pour la canicule annoncée » — pour vérifier ensuite si l’intuition était bonne.
Ce que ça change concrètement
Acheter selon les ventes réelles produit trois effets très concrets : moins de ruptures sur vos meilleurs produits, moins d’argent immobilisé dans des produits lents, et des discussions plus solides avec vos fournisseurs — parce que vous savez exactement ce qui tourne. Rien de spectaculaire du jour au lendemain, mais commande après commande, c’est votre réserve, votre encaisse et vos tablettes qui changent d’allure.
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